Mon parcours d’élève à professeur…

Etant petite déjà, je voulais prendre la place de la maîtresse. Je jouais à noter mes peluches pour des devoirs que je leur avais donné à faire. Mes parents m’avaient acheté un tableau pour que je puisse faire comme dans une salle de classe face à mes peluches, pour que je sois plus crédible. En grandissant, l’idée ne m’a pas quittait. Elle a juste amplifié. En fait, pour dire vrai, je voulais être professeur des écoles depuis la primaire, mais quand en Terminale, on m’a demandé de choisir mon avenir, là y avait plus personne… Je me souviens d’un stage en 4ème, je l’avais effectué dans une école maternelle/primaire privée dans ma ville. À l’époque, j’étais dans la classe de CP et je ne faisais pas grand chose, j’aidais les enfants à faire leurs devoirs, à lire ou je les surveillais lors de la récréation… Mais un élément m’a choqué: un enfant de la classe, âgé d’à peine plus de 6 ans, a ouvertement insulté l’institutrice, qui elle n’a pas répondu. Plus tard ce jour là, je lui ai demandé pourquoi elle n’avait pas réagi et sa réponse m’a fait changé d’avis vis-à-vie de mon avenir. Cette réponse fût celle-ci: « Je n’ai pas le droit en tant qu’enseignante de répondre à un mineur, tout ce que je peux faire c’est le punir. Seulement, j’estime qu’un enfant de 6  ou 7 ans qui répond de cette façon à un professeur, a appris ces formulations désagréables quelque part. Comprend bien que tous les jours, les professeurs doivent prendre sur eux, c’est pour la plupart la faute des parents. Mais là encore, je n’ai aucunement le droit de dire ou faire quoi que ce soit. Mon seul recours est d’en parler au directeur qui prendra toutes les mesures nécessaire afin que cela ne se reproduise plus. » J’avais 13 ou 14 ans, je ne me souviens plus bien. Mais ces quelques phrases restent en permanence dans ma tête. La loi interdisait à cette dame de dire quelque chose à un enfant qui venait de l’insulter. Forcément, comme je devais faire un choix, j’ai décidé de ne pas me diriger vers l’enseignement… À quoi bon devenir enseignant du premier degré, si cela impliquait de se laisser rabaisser par des enfants en bas âge??? J’avais donc décidé de devenir interprète… problème: il n’existe que deux (très bonnes) écoles en France (bah oui je voulais pas aller dans une école où j’aurais pas le niveau adéquat pour avancer dans la vie…). C’est écoles se trouvaient respectivement à Strasbourg et à Paris. Comme vous l’aurez imaginé, je suppose, c’était bien trop loin de chez moi. Bien trop loin de ma campagne nordiste. Mais à cela s’ajoutait les frais: 250€ pour les frais d’inscription, puis environ 6000€ par année sachant que pour obtenir le diplôme, il fallait rester 5 ans (sans redoubler). Ensuite, il fallait évidemment penser à tout ce qu’il y a à côté… sachant que c’était loin du domicile parental, il me fallait un logement, il fallait aussi compter les frais de transports et les courses pour me nourrir, etc… ce qui augmentait encore les dépenses. Mes parents n’étant pas Crésus, et moi étant boursière, je n’envisageais pas de faire un prêt étudiant pour un an sans savoir si la formation me conviendrait ou pas et sans savoir comment je paierai les années suivantes. J’en ai discuté avec mes parents, amis et professeurs de l’époque, et il nous est paru évident que la meilleure solution pour moi qui avais des facilité en langue étrangère, était de faire une licence d’anglais ou d’allemand pour voir si j’étais au niveau et surtout si ça me plaisait. Je me suis donc dirigée vers une licence d’anglais. Une licence s’obtient en 3 ans. Et je l’ai obtenu l’an passé. Oui, je suis licenciée 😛 Je ne voulais pas arrêter mes études à la fin de cette licence pour laquelle j’avais durement travaillé. Alors, trois choix se présentaient: un master traduction et interprétariat, partir pour l’école d’interprétariat dont je rêvais plus jeune ou enchaîner sur le master MEEF, qui est le master enseignement. J’ai choisit le master MEEF pour devenir professeur d’anglais dans le secondaire (c’est à dire les collèges et lycées).

Je viens de terminer ma première semaine dans ce master. La pression sur nos épaules d’étudiants est au maximum car le concours du CAPES est à la fin de l’année. Mais en plus de cela, le rythme est totalement différent de celui que nous avions en licence. C’est un rythme beaucoup plus soutenu. On doit gérer 3 emplois du temps différents: celui de la fac (c’est les cours de base, le savoir que nous devons acquérir avant de devenir professeur, c’est en continuité avec la licence), celui de l’ESPE (c’est l’organisme qui nous forme pour devenir de « bons » professeurs, ou en tout cas pour que nous ne soyons pas des moins que rien face à une classe) et enfin celui du secondaire car nous devons effectuer des stages et le calendrier du secondaire étant différent de celui de l’université, nous devons nous adapter pour ne pas être à la ramasse dès le départ. Je dirais donc que c’est assez dur. Mais je vais m’accrocher car je suis une warrior!!! Mais surtout parce qu’au fond enseigner est une vocation et l’anglais est une passion.

Bon voilà, on est le 15 octobre et ça fait plus d’un mois et demi que je suis rentrée en Master MEEF. Autant vous dire que ce n’est pas la joie, ce n’est définitivement pas ce à quoi je m’attendais. Oui, on voit des choses intéressantes comme des textes de lois, comment gérer des problèmes qui pourraient survenir pendant une heure de cours ou dans les couloirs de l’établissement. Mais cela ne change rien au fait que je ne me sens toujours pas à ma place. J’ai du mal à trouver mon rythme, à m’adapter à trois emplois du temps différents… C’est pas tout beau, tout rose quoi. Mais le principal dans tout cela n’est-il pas de perséverer? Je pars du principe que l’école c’est pas drôle mais ce n’est pas notre métier. Ce métier d’enseignant que je convoite tant, je l’aurais, même s’il me faut encore endurer des heures de cours interminables qui ne parle que de théories. Parce qu’en pratique, tout ce que nous apprenons en Master, est-ce que ça va vraiment nous servir? Est-ce que ça aura un impact sur ma façon de gérer une classe, ou d’enseigner? Je n’ai pas la réponse, malheureusement. Seul le temps nous diras si j’ai fait le bon choix de carrière, n’est-ce pas?

 

 

05 Mars 2016

1935809_439015769617634_4648762710501806996_n

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s